Les dénominations d'écoles à Paris Centre

Actualité

Mise à jour le 20/02/2025

photo lors d'une commémoration
La Mairie Paris Centre a décidé d’honorer des figures emblématiques de la Résistance et de la Déportation, en renommant quatre écoles de Paris Centre. Ces initiatives votées en conseil municipal visent à rendre hommage à ces grandes figures historiques, mais aussi à offrir un support pédagogique précieux pour la communauté scolaire dénommée.
Les élèves, accompagnés par leurs enseignants et des associations mémorielles du quartier, travaillent ainsi autour de ces personnalités inspirantes, enrichissant leur compréhension de l'Histoire.
Cette initiative s’inscrit dans le travail de transmission et de mémoire mené avec les communautés scolaires. Des classes de nos écoles, collèges et lycées participent à chacune des cérémonies de commémorations organisées par la mairie tout au long de l’année.

École Suzanne Spaak (anciennement école Argenteuil) - 1er arrondissement

Suzanne Spaak (1905-1980) : Résistante, militante du Mouvement national contre le Racisme
Suzanne Spaak commence son combat contre le nazisme avant le début de la Seconde Guerre mondiale lorsqu’elle est recrutée par le réseau d’information soviétique de l’Orchestre rouge. À Paris en 1941, elle rejoint comme dirigeante le Mouvement national contre le Racisme (MNCR). Son appartement, situé au 9 rue de Beaujolais (1er), devient un lieu de rencontre pour les représentants des différents mouvements de la Résistance. Fille d’un célèbre banquier belge et belle-soeur du ministre belge des Affaires étrangères, Suzanne Spaak use de sa condition sociale pour sensibiliser les milieux de pouvoirs contre la persécution des Juifs et des Résistants. En février 1943, elle informe Paul Vergara, pasteur de l’Oratoire du Louvre, que des rafles menacent des enfants placés par la Gestapo dans les centres de l’UGIF (Union Générale des Israélites de France). Une action de sauvetage est menée conjointement entre le MNCR et La Clairière, oeuvre sociale de l’Oratoire du Louvre. Le pasteur Vergara demande aux paroissiens de parrainer des enfants de l’UGIF. Au prétexte d’une promenade, les enfants peuvent être sortis des centres et conduits à La Clairière, au 60 rue Greneta. Suzanne Spaak établit alors une liste de personnes désireuses de prendre en charge un enfant. À partir du 15 février 1943, ceux-ci sont emmenés dans leur famille d’accueil. Tous seront saufs.
Suzanne Spaak est arrêtée le • novembre 1943 et emprisonnée à la prison de Fresnes, où elle est torturée et fusillée le 12 août 1944 – deux semaines seulement avant la Libération de Paris. En 1985, elle est reconnue « Juste parmi les Nations » par Yad Vashem.
À son arrivée au MNCR, Suzanne Spaak aurait déclaré : « Dites-moi ce que je dois faire… pour que je sache que je suis utile à la lutte contre le nazisme. »
Cérémonie de dénomination : printemps 2025
affiche de la mairie de paris centre

École Marcelle Guillemot (anciennement école Beauregard) - 2e arrondissement

Marcelle Guillemot (1907-1960) : Résistante française, Juste parmi les nations
Née en 1907, Marcelle Guillemot est directrice de « La Clairière », lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate. Cette œuvre protestante médico-sociale, rattachée à l’Oratoire du Louvre, a été fondée en 1910 au 60 rue Greneta (75002).
Avertie par la militante du Mouvement national contre le racisme (MNCR), Suzanne Spaak, que les enfants juifs hébergés dans les centres de l’Union Générale des Israélites de France (UGIF) sont menacés d’être raflés le 13 février 1943, elle organise leur sauvetage avec le pasteur Paul Vergara : ils recrutent des familles de la paroisse pour parrainer les enfants en danger afin que ceux-ci puissent sortir des centres au prétexte d’une promenade. Soixante enfants juifs sont ainsi amenés à la Clairière le 15 février. Marcelle Guillemot, avec l'aide de paroissiens et d'éclaireuses unionistes, organise leur placement dans des familles à Paris, en banlieue et en province. Ils seront tous saufs.
Sous l’impulsion de Marcelle Guillemot et de Paul Vergara, la Clairière devient par la suite un centre de secrétariat et une « boîte à lettres » de la Résistance.
En juillet 1943, la Gestapo se présente à la Clairière. Marcelle Guillemot refuse d’ouvrir et détruit tous les documents compromettants qui concernaient les activités de Résistance et de sauvetage, avant de parvenir à s’enfuir.
Après la Seconde Guerre mondiale, elle siège au Comité central de la Ligue internationale contre l’antisémitisme (LICA).
Elle reçoit la médaille de la Résistance par décret du 11 mars 1947 et est reconnue « Juste parmi les Nations » par Yad Vashem le 4 octobre 1989.
Le 12 février 2023, une plaque a été inaugurée en son hommage ainsi qu’à celui de Paul et Marcelle Vergara et de Suzanne Spaak à l’Oratoire du Louvre.
Cérémonie de dénomination : printemps 2025
affiche de la mairie de paris centre

École Daniel Cordier (anciennement école Quatre Fils) - 3e arrondissement

Daniel Cordier (1920-2020) : Compagnon de la Libération, marchand d’art, historien
Daniel Cordier s’engage à l’âge de 20 ans dans la Résistance (1940). Il intègre les réseaux clandestins et rejoint Lyon en 1942 pour organiser le secrétariat de Jean Moulin. Il est interné en Espagne avant de revenir en Angleterre en 1944.
Après la guerre, il consacra sa vie à la peinture en ouvrant plusieurs galeries à New-York. Il devient collectionneur d’art contemporain et est nommé membre de la commission d’achat du Centre Georges Pompidou, auquel il fera don d’une partie de sa collection.
Devenu historien, il publie en 1983 un volumineuse biographie de Jean Moulin puis sa propre autobiographie, Alias Caracalla, dans laquelle il raconte son ralliement à la Résistance jusqu’à la mort de Jean Moulin.
En 2017, il est nommé chancelier d’honneur de l’Ordre de la Libération, titulaire de la Grand-Croix de la Légion d’Honneur ainsi que de la Croix de Guerre, en hommage à ses engagements et ses combats. Avec Hubert Germain, ils étaient les derniers Compagnons de la Libération.
Cérémonie de dénomination : lundi 20 novembre 2023
plaque de devanture

École Raphael Esrail (anciennement école Ave Maria Fauconnier) - 4e arrondissement

Raphael Esrail (1925-2022) : Résistant et survivant de la Shoah
Très tôt, cet homme de combat est confronté, au sein des Éclaireurs Israélites de France, à la montée du nazisme et de l’antisémitisme. Recruté par la Résistance juive en 1943, il participe à la confection de faux papiers, mais est arrêté en janvier 1944, torturé, transféré à Drancy et finalement déporté à Auschwitz. Il y survit onze mois, avant de subir l'évacuation organisée par les SS dans une marche de la mort. Interné à Dachau avant d’être transféré au camp d'Ampfing-Waldlager, il est libéré par les Américains au début du mois de mai 1945, et rentre en Franc e. Il retourne alors à Lyon, où il retrouve sa famille, sans pouvoir parler des épreuves qu’il a subies.
À la fin des années 1980, il se consacre à un intense travail de mémoire. Il nous a ainsi laissé un témoignage essentiel sur la Résistance juive et sur la déportation. Sa volonté dès lors inlassable de témoigner, tout particulièrement au sein d’établissements scolaires, traduisait sa détermination indéfectible à transmettre la mémoire de la Shoah aux jeunes générations.
Militant exceptionnel, il était notamment investi au sein de l’Union des Déportés d’Auschwitz, association dont il fut le président, ainsi qu’auprès des institutions œuvrant au travail de mémoire de la Shoah.
Commandeur de la Légion d'honneur, titulaire de la croix de chevalier du mérite de la République fédérale d'Allemagne et de la médaille Grand Vermeil de la Ville de Paris, cette immense personnalité a participé par son action et son engagement à la défense des valeurs de paix, de liberté, d’égalité et defraternité, valeurs de Paris et de la République.

Cérémonie de dénomination : lundi 27 janvier 2025
photo lors d'une commémoration